Ecomusee d'Alsace

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Archive pour juin, 2012

Biodiversité : de nouvelles constructions à l’Ecomusée d’Alsace


L’odynère entrain de construire une cheminée de dentelle devant sa cavité – Photo Marc Solari


L’habitante du torchis

Une petite guêpe maçonne, l’odynère (odynerus spinipes), a une façon très particulière de construire son nid, qui facilite son identification. Elle creuse des galeries obliques dans des parois verticales ; elle apporte de l’eau pour amollir la terre argileuse et cimente les déblais autour de l’ouverture . Peu à peu, au fur et à mesure que la galerie s’allonge, se forme une structure externe tubulaire d’abord horizontale, puis incurvée vers le bas et qui s’achève plus ou moins verticalement. Ces cheminées de 1 cm de diamètre peuvent atteindre plus de 5 cm de long . Les morceaux d’argile ne sont pas serrés les uns contre les autres : ils sont ajourés comme de la dentelle. La galerie se termine par une loge allongée où l’insecte pond d’abord un œuf (fixé par un pédoncule au plafond) ; ensuite seulement il approvisionne le nid pour la larve avec des larves de charançons vivant sur la luzerne.

Il existe de nombreuses hypothèses quant à la fonction de ces curieux tubes de dentelle… A l’évidence, ils permettent d’utiliser rapidement l’argile déblayée ; en même temps, ils fournissent un dépôt de matériau pour la fermeture du nid. Les orages et fortes pluies détruisent souvent ces cheminées de dentelle ; de nouvelles sont construites lorsque l’excavation de galeries latérales fournit de nouveaux matériaux.

Le mur de torchis de la maison d’Artolsheim  occupé par une colonie d’odynères – Photo Marc Solari

La « guêpe coucou »

Sur les murs de torchis des maisons d’Artolsheim et Kunheim, on peut observer une toute petite guêpe aux couleurs très vives et métallisées, vert et rose vif vient pondre dans les nids de l’odynère : il s’agit de chrisis ignita, la « guêpe dorée » » appelée aussi « guêpe coucou », qui est un parasite des guêpes et abeilles maçonnes.

Chrisis ignita, très jolie petite guêpe coucou qui parasite l’odynère – Photo Marc Solari

Annick Kiesler


Biodiversité : la sterne pierregarin

Photo Marc Solari

Dans la liste rouge des oiseaux nicheurs d’Alsace, la sterne pierregarin fait partie des espèces qui ont été menacées de disparition, et qui restent à l’heure actuelle vulnérables. Cette espèce était une nicheuse commune sur les îlots sablo-graveleux du Rhin jusqu’au milieu du XIXe siècle .

Sa nidification à l’Ecomusée d’Alsace fait suite à l’installation de 2 radeaux (plates-formes couvertes de galets, posées sur des  hauts-fonds) au cours des hivers 2002 puis 2004, sur le plan d’eau en périphérie du village . Dès les printemps suivants, elles avaient investi ces nouveaux sites de nidification.

De retour d’Afrique occidentale vers la fin du mois d’avril, cet élégant laridé anime le site de ses cris perçants ; sa silhouette élancée et sa queue fortement échancrée lui vaut le surnom d’ hirondelle de mer. Début mai, les couples se forment et paradent et début juin, les jeunes naissent après une période de couvaison de 3 semaines . Leur nombre est fluctuant avec un maximum de 12 couples nicheurs en 2007 ; cette année, quatre couples se sont installés et les premiers poussins ont été observés dès le 5 juin. Dimanche dernier 10 juin, le nourrissage battait son plein avec 8 poussins à ravitailler en petits poissons pêchés le plus souvent sur place et les adultes se montraient très agressifs avec les intrus.

D’autres espèces sont aussi accompagnées actuellement par leurs nichées, comme la foulque macroule, le canard colvert…

De jolies scènes à suivre à la longue-vue depuis le bord de l’eau lors des animations « la nature au village »  les dimanches après- midi.

Annick Kiesler